On the road ...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Affaires de la cité

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi, janvier 28 2012

Projet numérique d'Hollande : pour le lire, mieux vaut être expert en sémantique qu'ingénieur.

La politique, c’est comme la pub. Le fond est souvent très convenu, rien qui concerne vraiment un ingénieur ou un technicien spécialiste du sujet. Tout est dans le symbolique, ce que les mots évoquent. Vous pouvez choisir de lire les programmes de la présidentielle comme on regarde une pub, passivement, sans réfléchir. Ou choisir d’analyser.

  • Citation : "Je soutiendrai le développement des nouvelles technologies et de l’économie numérique, levier essentiel d’une nouvelle croissance, en organisant avec les collectivités locales et l’industrie la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici à dix ans."

Recette #1 : Ne pas donner de détail pour ne pas risquer de se tromper.

S’agit-il de fibre, d’ADSL+++ ? Que les pouvoirs publics soient agnostiques quand à la technologie employée pour aboutir à un résultat, soit. Mais dans le cas des infrastructures il faut faire un choix pour qu'elles se déploient, pour les réguler.
Tout le monde est pour le THD, même ceux qui ne comprennent rien à internet. Le THD, c'est la tarte à la crème de la politique.
Mais expliquer comment on va déployer le THD est tout le problème. Qui finance ? Combien ? Ou ? Quel mécanisme juridique ? Quel partenariat entre privé et public ? C'est faute d'avoir eu la bonne stratégie depuis 10 ans que le THD n'avance pas. Sans détail pratique sur le mécanisme, c'est une promesse qui n'engage que celui qui y croit.

  • "Je remplacerai la loi Hadopi par une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle française, qui conciliera la défense des droits des créateurs et un accès aux œuvres"

Recette #2 : Baisser les attentes du lecteur internaute

Il ne s'agit pas d’une vente ou fourniture de service, ou droits et argents s'échangent sur une base juste par les deux parties mais d’une "conciliation". En bon centriste je n'ai rien a priori contre la conciliation ou le compromis, mais avoir mis cette phrase en introduction est une mise en garde du lecteur internaute : vous n'allez probablement pas apprécier la suite, soyez prévenus.

Notez qu’il ne s'agit pas de "l'accès" mais "d'un accès" à la culture. Comprendre : plus restreint que vous ne l'espérez.
Baisser initialement les attentes du lecteur de projet politique (donc passionné) est important pour qu'il se sente le moins déçu possible à la fin.

  • "par internet facilité et sécurisé."

Recette #3 : Faire peur au lecteur, puis le rassurer : "Tu es en danger, on va te protéger"

Les échanges entre particuliers seraient-il non sécurisés, organisés par les fameux pedonazis de l'internet ? Tremblez ! Mais rassurez vous Hollande va "sécuriser", il va vous protéger.
Et ça sera "facilité" en plus (Comprendre : vous ne sentirez rien de l'argent qu'on va vous prendre).
Une phrase pareille, c'est beau comme une pub d'"internet par Orange".

  • "La lutte contre la contrefaçon commerciale sera accrue en amont,"

Recette #4 : Lui expliquer qu'il est victime de lui même. "Tu es drogué, mais c'est au dealer qu'on va s'intéresser."

On peut raisonnablement comprendre qu'il s'agit d'une lutte contre les serveurs, qu'ils soient de streaming, de liens, de torrents. Qu'ils profitent financièrement des échanges (type megaupload) ou pas (sites de seeding sans pub). En clair le concept d'échanges de pair à pair est vu comme une drogue et la stratégie de lutte est calquée sur la lutte contre la drogue : pas de dépénalisation pour les utilisateurs, l'essentiel de la lutte focalisée sur les dealers pour empêcher que les clients puissent se fournir.

Pas de détails, mais techniquement on peut s'attendre à des fermetures de sites de liens pour les rares hébergés en France, et à une intensification des filtrages au niveau DNS pour ceux à l'étranger (peering, seeding, streaming, ...). Mais comme tous les utilisateurs vont rapidement basculer en SSL, Hollande passera-t-il au filtrage par port ("en amont" signifie avant que le paquet arrivé chez vous ?) ou au niveau protocole (DPI) ?

En cela il s'agit d'un changement opérationnel par rapport aux gouvernements récents mais la pensée est identique. La lutte continue, cette fois contre les «dealers» et probablement sur le filtrage de la connexion internet entre sites et utilisateurs.

  • "pour faire respecter le droit moral, pilier des droits d’auteur,"

Recette #5 : Provoquer en lui la honte : "Internaute, tu devrais avoir honte, tu n'as aucune morale"

Le droit moral est important pour les artistes et il est important que les internautes comprennent cette notion. L'idée (très simplifiée) est que l'artiste doit avoir son mot à dire sur le devenir de ses oeuvres, indépendamment des considérations financières. Une oeuvre n'est pas qu'un produit dans un marché, elle a un créateur pour toujours.
Le droit moral aurait eu toute sa place dans une licence globale aussi, car accès forfaitaire pour les particuliers ne signifie pas abandon des droits pour l'auteur, bien au contraire.
Le droit moral est important, mais si on s’était arquebouté sur le droit moral au moment des radios libres, on aurait jamais pu trouver une solution qui laisse les radios diffuser ce qu'elle veulent en échange d'une rémunération.
Mais dans le contexte d'une lutte contre les échanges non commerciaux parler de droit moral signifie que ces échanges sont sur le fond mauvais, qu'un échange entre particuliers ne respecte pas la volonté de l'artiste même si cela ne lui cause aucun dommage économique. Aucun argument économique comme la fréquentation record des cinémas ne peut être prise en compte. Les échanges entre particuliers sont immoraux, voila le message.
Ce que le mot "moral" évoque pour le lecteur lambda, c'est la notion de décence par rapport au groupe. Si vous faites une action qui provoque l'indignation du groupe, vous avez agi contre la morale, vous êtes immoral, vous devriez avoir honte.

  • "et développer les offres en ligne."

Recette #6 : Lui faire croire qu'il a le choix

Cela signifie clairement que la priorité est au développement de l'offre payante légale. Et en effet c’est une priorité, l'offre légale est vraiment déficiente.
Mais il dit pas comment. S'agit-il d'un recyclage du label HADOPI avec un nouveau nom ? Bien souvent dans ses 60 promesses Hollande indique qu'il va forcer, interdire, orienter le marché, les taux de change, la finance mondiale. Mais le marché a son inertie et les incantations seules ne servent pas à grand chose.
Sarkozy, Albanel, Mitterand aussi voulaient développer l'offre légale. Le résultat n'est pas du à un manque de volonté, encore moins un manque de gesticulations ou de promesses mais à un manque de mesures claires, concrètes et efficaces. Sans détails c'est une promesse vide de sens.

  • "Les auteurs seront rémunérés en fonction du nombre d’accès à leurs œuvres"

Recette #1 bis : Ne pas donner de détail pour ne pas risquer de se tromper.

Le système de rémunération. Voila la seule réelle action qui est proposée, le reste étant surtout des souhaits sans détails pratiques.
Mais il est permis de se demander comment ce système va fonctionner. Si la lutte «en amont» cible les sites qui hébergent les fichiers ou les torrents, il sera délicat de leur demander leur stats de téléchargement pour rémunérer les artistes. De même, si le partage entre particulier reste illégal, il sera délicat de leur demander de reporter leur consommation par l’installation d’un «mouchard».
Si le système de rémunération est au final aussi opaque et injuste que la répartition actuelle de la taxe copie privée par les ayant droits intermédiaires, ce ne sera une victoire pour personne et surtout pas pour les artistes.

  • "grâce à un financement reposant à la fois sur les usagers et sur tous les acteurs de l’économie numérique"

Recette #7 : La tactique du sniper fiscal

Il ne s’agit pas d’une licence globale, c'est un élargissement de la rémunération pour copie privée actuelle, taxe sur les supports de stockage que nous payons tous. Elle sera juste élargie à tous les fabricants de matériels, opérateurs de téléphonie, fournisseurs à internet. Au lieu d'avoir uniquement une contribution unique et claire que vous payez en même temps que votre abonnement à internet/mobile comme la licence globale, vous aurez une taxe diffuse et presque invisible sur tous vos achats numériques et électroniques, comme la rémunération pour copie privée. Seraient probablement concernes aussi les publicités (google, dailymotion), faisant reposer indirectement sur votre pouvoir d'achat ces taxes. Presque invisible donc mais pas indolore. C’est la tactique du sniper fiscal. La taxe est déjà de l'ordre de 250 millions, on peut imaginer qu'élargir l'assiette va aussi élargir le montant. En clair nous aurions tous à payer beaucoup plus sur tout notre équipement, nos abonnements, indirectement sur la publicité ... sans avoir aucun droit en échange.

  • "qui profitent de la circulation numérique des œuvres."

Recette #8 : Méchants capitalistes

La vision de l'économie numérique selon Hollande semble se résumer à : de grands groupes internationaux profitant des artistes français. En somme, une variante de «mon ennemi, c’est la finance».
C’est oublier qu’à part google-youtube l’essentiel des start-ups ne sont pas rentables et que beaucoup sont françaises ou européennes. Que les seules entreprises qu’il réussira à taxer sont des entreprises légales, qui ont donc en général une stratégie associant et rétribuant déjà les artistes sinon elles seraient attaquées en justice.

Que le réel problème soit la mutation de notre système de financement de la création franco-français (par exemple le cinéma par la télévision) n’est même pris en compte. Pour Hollande les problèmes viennent de l'autre, les solutions viendront plus tard ... seul importe le changement maintenant.

Or sans une vision claire et honnête des problèmes actuels, Hollande ne pourra trouver les solutions. A la lecture de son projet, je ne vois pas d’amélioration sensible par rapport a la politique désastreuse de Sarkozy en ce qui concerne les artistes, les internautes, les entreprises.

Pour faire bonne mesure, je vous renvoie vers l'itw de Bayrou sur la radio le Mouv' ou il cite une étude totalement farfelue du Parti Pirate. WTF, comme on dit.

hollande.jpg

mardi, mars 22 2011

Nucléaire : L’ingénieur et le politique.

Notre aide, nos pensées, vont aux Japonais qui luttent contre les conséquences des tremblements de terre, tsunami et catastrophes nucléaires. Aujourd'hui, c'est à l'observation des réactions si impressionnantes de dignité du peuple japonais d'une part et, du décalage éprouvant des différentes prises de positions françaises telles qu'elles se sont exprimées dès samedi 12 mars, à travers l'ensemble de nos media nationaux, que nous souhaitons poser les premiers enseignements que nous tirons en citoyens libres et soucieux de participer de l'émergence d'un débat serein et sans dogme sur l'avenir énergétique de notre pays.

Les catastrophes ne se gèrent pas, elles se préparent

Les citoyens Japonais étaient préparés, et ce n'est pas un hasard : chaque année une journée est consacrée aux répétitions grandeur nature et à la sensibilisation de la population. Ils savaient ce qu'il fallait faire en cas de tremblement de terre, ils avaient répété les gestes qui sauvent. Et ces gestes ont probablement sauvé bon nombre d'entre eux, en tout cas face au tremblement de terre.

Les citoyens Français ne sont eux pas préparés ni informés à l’avance. Les habitants des zones inondables avaient eu pour consigne de rester chez eux lors de la tempête Xynthia, consigne utile face au vent mais les condamnant à la noyade en cas d'inondation. Savaient ils qu'ils habitaient en zone inondable ? Que savent les Corses ou les Guadeloupéens de la prévention des tremblements de terre, alors que les séismologues y prédisent de très violents séismes ? Ou sont les cartes publiques des risques, officielles, destinées à la population par territoire ? Certains risques sont évitables, d'autres non, mais dans tous les cas nous exigeons, en tant que citoyens, d'avoir accès à une liste des risques connus que nous encourrons, des mesures que nous devons prendre pour nous y préparer et être formé aux gestes qui sauvent.

Discours de vérité

Si nous n'avons aujourd'hui pas de prévention efficace, c'est que la prévention doit obligatoirement s'accompagner d'un discours de vérité sur le risque. Attendre la catastrophe pour avoir des informations honnêtes est la recette du désastre. La communication Française à propos du nuage de Tchernobyl est dans toutes les mémoires. Il ne s'agit pas que de mensonge : un discours honnête aurait permis d'éviter de consommer des aliments alors contaminés, surtout dans les régions est et Corse. Plus récemment, que savions-nous lors de la tempête de 1999 du problème d'inondation majeur de la centrale de Blayais ?

D'un côté, les politiques en charge de la sécurité préfèrent nous bercer d'illusions. Ils croient le peuple immature, incapable de recevoir un discours de vérité. De l'autre, nous l'acceptons collectivement.

Ils nous garantissent un risque zéro et nous assurent qu'ils gèrent totalement la situation en secret. En exigeant le risque zéro, le citoyen Français demande qu'on lui mente. Ils nous prennent pour des enfants, nous nous comportons comme tels.

L'illusion nourrie d'une société sans risque est notre premier danger

Il ne s'agit pas que de communication ou de sentiments : en rejetant tout risque, en promettant le risque zéro, nous empêchons toute politique de réduction des risques ouverte et efficace. Par exemple, si tous les français avaient chez eux de l'iode, et pas seulement ceux qui habitent dans un rayon de 10km d'une centrale ? Si une carte des risques claire était publique, et le seuil de résistance des centrales nucléaires aussi ? Peut-être n'aurions-nous pas de centrales construites dans des régions à risque comme la vallée du Rhône (séisme) ou directement sur la côte atlantique (inondations). Peut être les plus anciennes de nos centrales, construites à partir de cahiers des charges encore plus anciens, seraient fermées.

Notez la superposition entre des régions denses en centrales et sites de forts séismes :

centrales_nucleaires.png
(Eric Gaba – Wikimedia Commons)

sismicite_France.jpg
www.planseisme.fr

Le résultat serait bien sur une opinion publique plus mure, sensibilisée aux risques, mais ces risques seraient grandement réduits, les décisions d'implantation plus rationnelles et la prévention plus efficace.

Nous ne savons pas si la centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer. Nous n'avons pas les éléments pour nous construire une opinion informée. Ce que nous savons par contre c'est que le climat irrationnel, fruit de la rencontre entre un militantisme aussi enflammé que radical d’un côté et le manque d'information de la part des pouvoirs publics de l’autre enferment le décideur politique dans une situation dangereuse.

Même si la fermeture de Fessenheim s'avérait techniquement nécessaire, elle ne pourrait l'être pour des raisons politiques. Le signal envoyé serait une capitulation d'un pouvoir perçu comme pro-nucléaire. Même si l'implantation d'une centrale était peu judicieuse dans une région à fort risque sismique, elle le sera : comment continuer à vendre des centrales à l'Italie si nous refusons nous même de construire dans le sud-est ? Même si avoir de l'iode dans tous les foyers français était la meilleure façon de protéger au minimum la population en cas d'accident majeur, nous n'en aurons pas : le mythe bien français "ça ne peut pas arriver chez nous" n'y résisterait pas. Comment expliquer que la mesure est justifiée en 2011 sans implicitement critiquer le non déploiement des décennies précédentes, et donc l’évaluation du risque par les pouvoirs publics en général ?

Satisfaire un élan irrationnel ou entendre un discours de vérité ?

En politique, considérer l'honnêteté ou l'intelligence du décideur ne peut suffire. Face à des opinions publiques volatiles, bon nombre de décideurs politiques préféreront gérer l’émotion immédiate que prendre ce qu’ils savent être la bonne décision. Nous sommes tous humains certes, mais être conscient du facteur émotif permettrait peut être d’éviter certaines erreurs. Surfant sur l’émotion, les Verts voudraient un referendum rapidement, comme d’autres reforment le code pénal après un fait divers atroce. Pour notre part, nous souhaiterions éviter que notre politique énergétique ressemble au délire sécuritaire de LOPPSI2.

Que le choix d'avoir 80% d'électricité nucléaire dans un pays soit un choix politique, soit, nous aurons en 2012 l’occasion d’en débattre sérieusement et sereinement. Demandons nous par contre comment les politiques influent sur la mise en œuvre technique de cette politique ? Nul ne doute que nous ayons d'excellents ingénieurs et chercheurs en France, mais à quel point la décision d'implantation et le cahier des charges d'une centrale nucléaire est-il soumis à des impératifs politiques ? Nos décideurs politiques actuels se plaisent à se prendre pour des Rois Soleils, seraient-ils venus à croire qu’ils peuvent en maitriser son énergie ? Alors que le développement des technologies nucléaires est le triomphe de la rationalité et l'intelligence humaine, sa gestion politique est le reflet de notre irrationalité.

Nous ne serons rassurés que lorsque les décideurs politiques nous donneront les informations permettant d’exercer notre libre arbitre, et mettront en place une politique rationnelle de prévention des risques. Plus qu’un débat enflammé et caricatural sur le nucléaire, voilà le sujet dont nous aimerions que les Français se saisissent.

Paul Guermonprez, Céline Alléaume et Alain Dolium.
Membres du Mouvement Démocrate.

vendredi, février 25 2011

François Bayrou en 2007 à propos de Kadhafi

François Bayrou au rassemblement anti Kadhafi, 2007 :

bayrou_kadhafi.jpg

dimanche, février 13 2011

Talleyrand, le 3 mars 1838

Il faut en effet qu'un ministre des affaires étrangères soit doué d'une sorte d'instinct qui, l'avertissant promptement, l'empêche, avant toute discussion, de jamais se compromettre. Il lui faut la faculté de se montrer ouvert en restant impénétrable; d'être réservé avec les formes de l'abandon, d'être habile jusque dans le choix de ses distractions; il faut que sa conversation soit simple, variée, inattendue, toujours naturelle et parfois naïve; en un mot, il ne doit pas cesser un moment dans les vingt-quatre heures, d'être ministre des affaires étrangères.

Un extrait un peu plus long du discours est disponible ici

portraits_talleyrand.jpg

mercredi, février 9 2011

La loi qui voulait sauver le net et l'amendement anti-box.

Pourquoi en parler ?

La neutralité de l'internet (“du net”) est un sujet stratégique et d'actualité.

  • En 2009 et 2010 nous avions une bataille pour décider si internet pouvait être coupé sans la décision d'un juge. La conclusion (Europe et Conseil Constitutionnel) est qu'internet est un moyen d'exercer sa liberté d'expression et d'information et que seul un juge doit pouvoir la limiter.
  • En 2011 nous avons une autre bataille, cette fois pour savoir si un fournisseur internet a le droit de contrôler et influer sur ce qui passe par la connexion que les clients lui achètent.

En clair, une société d'autoroute a-t-elle le droit de vous faire payer plus au péage en fonction de critères comme : c'est un déplacement professionnel ou personnel ? la valeur de ce que vous avez dans votre coffre ? le nombre de personnes dans la voiture ? la marque du véhicule ? ... au lieu d'un tarif "neutre" en fonction du type de véhicule comme c'est le cas actuellement.

Le type de véhicule est un critère objectif d'usure de l'autoroute, donc pertinent comme base de tarification. Les autres ne sont que des moyens de faire un maximum de bénéfices sur le dos des usagers.

peage.jpg

Quel est le risque ?

Les fournisseurs d'accès internet sont devenus des géants de la presse et des medias, ils ont tout intérêt à orienter leurs clients vers les produits de leurs filiales et partenaires. Or ils ont une position techniquement stratégique, puisque tout passe par eux, et les profits qu'ils font en facturant uniquement l'accès à internet ne leur suffit pas. Ils voient donc un intérêt à contrôler et facturer tout ce qui passe par leur réseau. Mais leur donner le droit de vendre un internet "discriminé" à leurs clients va fabriquer un marche sans aucune fluidité ni lisibilité.

C'est comme si la Société des Autoroutes du Sud était dans le même groupe que Renault et Total et que les propriétaires de voitures Renault bénéficiaient d'un accès moins cher et plus rapide à ces autoroutes, et n'avaient pas le droit de faire le plein chez Shell. Et les autoroutes Paris-Normandie avec Mercedes et BP, ... Or un client n'achète en général qu'une voiture, d'une seule marque, et aimerait pouvoir aller sur toutes les autoroutes et faire le plein partout, si possible a un prix identique quelque soit sa voiture.

Solution : la neutralité du net

Donc pour que les citoyens et entreprises aient accès à internet dans sa globalité quel que soit leur fournisseur sans être discriminé, il faut que l'accès à internet soit "neutre". En clair que les fournisseurs ne puissent utiliser leur position avantageuse dans un domaine pour imposer sa position dans un autre, et que le client sache ce qu'il aura lorsqu'il achète un forfait "internet".

En pratique, comme s'assurer que l'accès à internet sera neutre ? Trouver une bonne définition et l'inscrire dans la loi. Ensuite exiger par l'intermédiaire des autorités de régulation que ce principe soit respecté en pratique.

Proposition de loi 3061

Nous en venons à la proposition de loi 3061. La définition de la neutralité du net est juste et complète : un utilisateur doit pouvoir connecter son matériel, accéder à tous les contenus et services et choisir ses applications. En reprenant l’image de la voiture : un conducteur doit pouvoir rouler sur les autoroutes avec le modèle de voiture qu'il désire, pour aller ou bon lui semble et faire le plein ou il voudra.

Les seules exceptions à cette neutralité seraient bien entendu publiques, encadrées par la loi et décidées par un juge.

L'accès à internet doit s'opérer par des standards interopérables et publics. Donc vous pouvez fabriquer votre modem ou acheter un modem compatible avec la norme si celui de votre fournisseur ne vous convient pas. C'est l'équivalent des mobiles qui utilisent en Europe des cartes SIM compatibles et vous permettent de choisir librement votre operateur, indépendamment de votre téléphone.

Jusque la toutes les personnes réalistes et de bonne volonté sont en général d'accord. Les autres préfèrent typiquement faire revenir internet au stade de l'ORTF, télévision fermée et centralisée, pour des raisons de contrôle politique et/ou commercial.

Donc la proposition de loi 3061 est bonne, devrait rester pertinente de nombreuses années, et mérite le vote de tous.

ortf.jpg

L'amendement anti *box

A cette proposition de loi s'ajoute des propositions d'amendements du député Christian Paul, dont un tout particulièrement qui concerne les set-top-boxes. "L’autorité détermine les spécifications fonctionnelles permettant à ces équipements de fournir les services strictement nécessaires à l’accès au réseau de communication électronique, à l'exclusion de tout autre service."

Ma lecture, c'est que le FAI (qui doit répondre a des specs de l’autorité) voit sa box en location limité à l’état de modem "à l'exclusion de tout autre service". (Une autre lecture : l’autorité doit se limiter dans ses specs à la partie modem, le FAI doit respecter les specs du modem mais est libre pour le reste). Dans l’hypothèse de la première lecture :

L'idée est d'interdire le modèle économique et surtout technique français ou les fournisseurs d'accès possèdent typiquement les modem-set-top-boxes tout-en-un et les louent aux clients. En effet, nous avons en France un marche très spécial ou ces set-top-boxes (Freebox, Livebox ...) sont des tout-en-un qui gèrent à la fois internet (modem-routeur-wifi), la vidéo gratuite (réception TNT), la vidéo payante (VoD, bouquets Canal, ...), des services numériques (magnétoscope numérique, serveur de fichier en réseau), téléphonie (filaire, bientôt mobile avec une antenne relai locale) ... et ce qui est en cours de développement. Cette particularité Française est un des ingrédients au cœur du succès des offres ADSL+box à 30 euros de type Free+Freebox par exemple, rapidement repris par la concurrence pour le bénéfice de tous.

Dans d'autres pays, on souscrit un abonnement internet, on loue son modem, puis on achète un routeur-wifi au supermarché, puis une boite pour recevoir sa vidéo payante par le cable à une autre compagnie, éventuellement un disque en réseau pour stocker ses fichiers, et si besoin un magnétoscope numérique. Au final, c'est beaucoup plus cher qu'en France, et plus compliqué à installer. La somme des services considérés comme "standards" pour un internaute français est réservé à des geeks aux Etats-Unis.

L'inconvénient bien sur, c'est que la très pratique boite-qui-fait-tout venant d'un fournisseur peut conduire à une situation ou le client perdrait le contrôle de ce qui se passe chez lui. Dans le monde du mobile par exemple, pouvoir mettre la carte SIM venant de son operateur dans un mobile qui vous appartient est une liberté précieuse et utile, il existe d’ailleurs des forfaits avec ou sans mobile inclus. Les dérives potentielles en France concernent l'écoute et le filtrage de votre accès internet chez vous. Des ayants droits le demandent sérieusement dans le cadre de la lutte contre le "piratage" de musiques ou vidéos ... seront ils suivis personne ne le sait pour l'instant.

Suivant cette logique, l'amendement de Christian Paul voudrait donc séparer de force le cote internet du reste. Mais alors que dans le mobile j'ai le choix entre un mobile inclus avec pleins de "services" de mon operateur ou pas de mobile inclus, dans le cas d'internet je n'aurais pas ce choix, cela serait interdit par cette loi : mon operateur n'aurait pas le droit de me proposer une boite-qui-fait-tout louée. Freebox ? Interdit ! Mon operateur pourrait me fournir un modem-routeur, mais pas plus. Pour le reste je devrais aller acheter une box sur le marché et la configurer à la maison.

Autant j'apprécie d'avoir le choix entre une box tout-en-un et faire mon assemblage moi même, ce qu'apporte la proposition de loi, autant je refuse qu'on m'empêche de choisir la box de mon operateur si j'en ai envie.

Les fournisseurs d'accès à internet Français sont aujourd'hui pour beaucoup structurés autour d'une offre box+internet. Le marché a fait ses preuves en termes de prix et services comparés à nos voisins européens ou américains. Vouloir totalement chambouler ce marché par un amendement interdisant le box+internet pour revenir au modem+internet sans étude d'impact est pour le moins brutal. De plus, les set-top-boxes actuelles sont directement connectées au réseau du FAI par des réseaux privés. Si un modem tiers est present entre la set-top-box et le réseau du FAI, c'est tout le modele de sécurité qui change, et certains fournisseurs de VoD par exemple pourraient ne pas accepter de faire passer leur catalogue par un réseau de type LAN normal, ou avec une qualité dégradée. (Pas que cela me dérange, mais c'est a garder a l'esprit).

Donc oui pour la proposition de loi, mais non pour l'amendement Christian Paul.

Note : Oui je travaille actuellement dans le secteur des set-top-boxes.
Non je ne représente aucune entreprise.
Ce message est strictement personnel.

samedi, décembre 18 2010

Lancement Do Tank Echelle Humaine à l’Assemblée Nationale

Echelle Humaine se définit comme une fabrique de bonnes pratiques économiques et sociales, visant à participer à la cohésion économique et sociale avec une démonstration par la preuve. Après plus d'une année de travail entre juillet 2009 et novembre 2010, de rencontres, de débats, d'interviews, de tables rondes avec des échanges riches, stimulants et contradictoires, Alain Dolium lance, mardi 14 décembre 2010, les travaux du ‘Do Tank’ « Echelle Humaine ».

Echelle Humaine ou le rendez-vous de la Nouvelle Génération pensante et agissante française !

Echelle humaine participe à la cohésion économique et sociale de la société française avec une démonstration par la preuve. Echelle Humaine n’est pas simple Think Tank, mais un ‘’Do Tank’’ dont le crédo est l’expérimentation dans les domaines de l’éducation, de l'économie, du social, de l’aménagement du territoire, des médias et la culture et la politique.

Afin de respecter un cahier des charges ambitieux et nécessaire, Echelle Humaine rassemble une classe créative– au-delà des clivages politiques - autour de ses deux fondateurs (Alain Dolium et Guillaume Weil). Ces femmes et ces hommes, figures actives et emblématiques de la nouvelle société Française, représentent la prochaine génération politique, sociale et économique. L’avancement des travaux d’Echelle Humaine requiert de cette cinquantaine de talents l'objectivité de l'analyse, la rigueur de définition des scenarii, la prise de recul sur les enseignements de l'expérimentation et enfin, le pragmatisme du déploiement à l'échelle nationale.

« L’objectif d’Echelle Humaine est à la fois simple et complexe: participer à la construction d'une société forte, apaisée et confiante. Simple, car personne ne conteste sa nécessité. Complexe, car il est formulé dans un contexte de crise économique et de délitement social. Les clivages sont de plus en plus nombreux entre les inclus conservateurs et les exclus sans repères. Ces clivages sont attisés par une classe destructrice qui joue la carte de la division de manière cynique et imprudente pour maintenir sa position dominante », explique Alain Dolium, Président d’Echelle Humaine. « Pendant ce temps la France ne se prépare pas à affronter l'avenir qui n'a jamais été aussi incertain. Il est temps de capitaliser sur l’ensemble des forces vives qui font la richesse de notre pays, sans aucune forme d’ostracisme ou de paternalisme », conclut-il.

Echelle Humaine a pour ambition la mise en commun des énergies et la reconnaissance de tous les talents, prenant pour parti le fait que la France a besoin de ces énergies pour se remettre en mouvement, pour trouver un nouvel équilibre, un nouveau rythme.

Première réunion de la Classe Créative Echelle Humaine, le 14 décembre à l’Assemblée Nationale

Réunie pour la première fois le 14 décembre, la Classe Créative s’implique de manière innovante sur les terrains économique, social, culturel et politique. Alors qu’au quotidien, chacun de ses membres œuvre à anticiper, imaginer et concrétiser les lignes d'évolution de la société française, Echelle Humaine souhaite capitaliser sur leur détermination à faire en sorte que la France vive dans le monde et non pas en lisière du monde.

Nombreuses sont les actions déjà menées par ces femmes et ces hommes qui contribuent à redonner de la souplesse au modèle français de développement, qui souffre de rigidité. « Prendre plus d'une année à nous lancer officiellement résume parfaitement notre volonté de rupture avec ‘’le temps court’’ qui rythme bien souvent les cercles de réflexion, parfois trop adossés au calendrier électoral. L'action du ‘Do tank’ Echelle Humaine s'inscrit nécessairement dans du ‘’temps long’’. Bien sur, cela ne nous empêche pas de cerner les enjeux du prochain débat présidentiel de 2012. », commente Alain Dolium.

Echelle Humaine se pose en rupture avec l'existant, affiche des convictions fortes et inscrit sa démarche dans du ‘’temps long’’. Cette conviction du temps-long vient s’opposer à la matrice d’intérêts qui guide habituellement la société Française.

« Il est temps de dire stop au fast food de la pensée qui nous est servi systématiquement ! Pour contribuer à remettre la France en mouvement et recréer les conditions du mieux vivre ensemble, il nous faut soutenir l'idée qu'il n'y a de solutions que si elles sont fédératrices donc testées et validées ; durables donc concertées de la France d'en bas à la France d'en haut ! », conclut Alain Dolium.


Lancement du do tank Echelle humaine
envoyé par AlainDolium. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

vendredi, octobre 29 2010

Video : Les CRS lancent des grenades EX-PLO-SI-VES sur des manifs de syndicalistes.

Jamais vu ca meme en Corse, ou les grenades en tir tendu sur les lycéens étaient pratique standard.

Allez a 3mn pour voir d'abord une grenade lacrymo, puis 2 grenades explosives dans les manifestants.


Des grenades sur la foule
envoyé par Antipenseunique. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

mercredi, octobre 27 2010

Journaliste d'investigation et sureté de l'information. Quelques propositions.

Amis journalistes, un petit papier en PDF pour vous :

Journaliste d'investigation et sureté de l'information. Quelques propositions.

Les labs filmés arrivent bientôt ...

Public : Vous êtes journaliste d'investigation, vous pensez que la sensibilité de vos enquêtes peut vous conduire à être l'objet de divers actes de malveillance ou procédures d'écoute. Légales ou pas, justifiées ou pas, de la part des forces de l'ordre ou d'individus. Vous n'avez pas de compétences en sécurité informatique.\\

Besoin : Vous ne cherchez pas à vous dissimuler puisque vous êtes donc une cible identifiée apriori (contrairement à un terroriste inconnu). Vous cherchez par contre à vous prémunir de ces intrusions de premier niveau. Le niveau d'attaque subie est haut mais pas maximal (vous n'êtes pas la cible des services secrets sur le long terme non plus).\\

Légalité : Vous cherchez à rester dans la légalité, mais à ne montrer que le minimum, pour n'avoir à communiquer à la justice que le minimum, et au moment ou vous aurez décidé de le faire.\\

Éthique : Un journaliste ne devrait pas avoir à se cacher pour enquêter. Toutes les atteintes au secret devraient découler d'une procédure judiciaire juste et raisonnable. Or ce n'est plus forcement le cas en France, comme l'ont démontré certaines affaires. Le recours à des techniques de prévention efficaces, bien que dangereuses si utilisées à mauvais escient, deviennent donc ethiquement justifiées.\\

Solution : Le passage de l'analogique (ondes-papier) au numérique (fichiers-internet) a démultiplié les capacités et l'échelle des interventions possibles, mais il déplace le sujet sur un terrain que vous pouvez maitriser. Ou au moins tenter.\\ Ce document présente donc quelques éléments techniques qu'un journaliste d'investigation devrait avoir à l'esprit. Il doit se concevoir comme une base minimale, pas comme une assurance de résultat. Il sera corrigé et enrichi par des contributions ultérieures.\\

Pratique : Des labs d'initiation/réflexion pratiques et gratuits sont possibles, mais uniquement pour des journalistes et en région parisienne. Contact : paul@guermonprez.eu

Journaliste d'investigation et sureté de l'information. Quelques propositions.

- page 1 de 23