Tribune d'Alain Dolium : Pas de qualité de vie sans emploi

La valeur travail ?

Certains proposent la « valeur travail » comme fondation de leur action politique. Mais le travail est-il un choix ? Alors que le chômage touche 500.000 franciliens, laisser supposer qu’ils le sont par choix, voire pire par manque de valeur est intolérable.

Pour nous Démocrates, le travail est avant tout un moyen d’assurer sa subsistance et celle de sa famille, il est tout sauf optionnel ou choisi. C’est pour cela qu’il est notre priorité. Plus que de répondre à un besoin vital, le travail est le moyen de se savoir utile à la communauté, de s’y insérer. La communauté doit donc s’organiser pour permettre à chacun de subsister, puis aller au-delà : se projeter, construire son avenir. Les 120.000 chômeurs franciliens qui arriveront en fin de droit en 2010 n’ont pas abandonné les valeurs de la société, c’est la société qui les a abandonné. Il n’y a pas de qualité de vie sans emploi.

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Une région humaine

Les chômeurs sont pris en étau entre un Etat qui les rends seuls responsables de leur sort et une région qui n’organise pas des conditions propices à l’emploi.

L’état a bien sur une responsabilité dans la définition d’un cadre juste et équitable pour le marché du travail, pour la financement de la protection sociale, de l’innovation.

Mais la région a un rôle complémentaire qu’il faut reconnaître et respecter : mise en adéquation des formations avec l’environnement local, incitations à l’emploi ciblées, mise en relation, soutien d’actions locales. La région est la pour adapter la froideur des lois aux contraintes locales dans un cadre humain. Partenaire naturel de l’Europe, la région est le meilleur vecteur pour construire l’avenir.

Notre plan d’action

Nous voulons doubler l’enveloppe dédiée au développement économique, de 3% à 6%, mais au delà du montant nous voulons réaffecter certaines dépenses. Notre objectif : 160.000 emplois.

Notre plan d’action s’articule autour de 3 axes complémentaires :

  • D’abord débloquer le potentiel en se focalisant sur les PMEs et les TPEs.
  • Ensuite former, valider, insérer, tout au long de la vie.
  • Enfin réaménagement du territoire en bassins de vie à taille humaine.

Débloquer le potentiel

La mesure “embauche sans crainte” s’inscrit dans la continuité du programme national de notre Mouvement. Sur le fond les PMEs sont des réservoirs d’emplois de qualité, sur la forme nous préférons garantir un grand nombre plus que financer totalement un petit nombre.

Le but est de réduire la prise de risque que constitue anormalement un vrai contrat de travail. L’accumulation de stages et CDD n’est ni dans l’intérêt long terme de l’entreprise ni dans celui des employés. La responsabilité sociale des entreprises ne se décrète pas, elle se stimule.

Pour simplifier le quotidien des entreprises, nous voulons mettre en place un “guichet unique”. Elles l’attendent avec impatience.

Pour préparer demain, un “Fond Régional pour l’Innovation” sera doté et aura pour objectif de se focaliser sur les secteurs les plus prometteurs pour notre région : nouvelles technologies de l’information et de protection de la planète, tourisme, agriculture de demain. Le saupoudrage est inefficace.

Former, valider, tout au long de la vie

Donnons les clés de leur formation à nos jeunes. Le manque d’information actuel participe à une augmentation des inégalités sociales au fil des générations. Notre région ne tire pas parti de toutes ses énergies, de tous ses talents par manque d’ambition et d’information. L’orientation doit être en adéquation avec les possibilités des bassins de l’emploi, les orientations stratégiques et accessible à tous.

Au delà de la formation initiale, nous sommes pour la “sécurisation des parcours”. Au lieu d’un bouclier qui vous maintient dans votre situation, nous sommes pour un “filet social”. Le filet qui vous donne confiance, qui vous aide à rebondir autant de fois que nécessaire. Ce filet inclut la validation de l’expérience pour tous les secteurs y compris les associations et des mesures de retour progressif vers par le travail. Nous aiderons 10.000 emplois d’insertion et 10.000 “emplois projet” associés.

Il ne s’agit pas seulement d’emploi mais pour la région d’assumer le rôle de cohésion sociale qui est le sien.

Réaménagement du territoire

Notre région se développe sur le concept de pôles monoactivités non intégrés dans le tissu urbain. Concept utile pour organiser le financement de la recherche, il n’est pas adapté à l’urbanisme.

Ses effets secondaires sont : ségrégation urbaine entre quartier de travail et quartiers dortoirs, avec des distances de transports accrues entre les deux. Intenable, socialement comme pour la planète. L’emploi doit être finement intégré dans la ville. Nous proposons donc un réaménagement progressif en “bassins de vie” ou emploi, logement mais aussi sorties et services publics sont intégrés.

Les outils existent : conventions logements emplois avec les mairies, mais surtout le développement d’une Agence Régional de l’Habitat qui organisera ces bassins à l’échelle de la région.

Dans ces conditions seulement le développement de notre région sera au service de tous les Franciliens et respectueux de notre patrimoine naturel. L’emploi ne se crée et ne se maintient que s’il est inscrit dans une logique régional cohérente. Nos ambitions comme notre plan d’action sont ambitieuses, réalistes et budgétés.

Le jeu politicien entre état de droite et région de gauche visant à se rejeter la responsabilité. Du « mille-feuilles administratif » les franciliens n’en goutent jamais la crème.

La région n’est pas censée s’occuper d’emploi ? Face à un constat d’échec de la politique générale d’emploi, la région doit prendre ses responsabilités et utiliser tous les leviers à sa portée pour vaincre le chômage.

Ceci ne peut se faire contre l’état, les villes ou les autres groupes politiques. La concertation pragmatique doit l’emporter. L’intérêt de tous doit surpasser l’intérêt partisan.

Alain Dolium
tête de liste du Mouvement Démocrate
pour l’élection régionale en Ile-de-France
des 14 et 21 mars 2010