Pour des humanités de l’entrepreneuriat, par Alain Dolium
Par paul le samedi, février 27 2010, 17:23 - Affaires de la cité - Lien permanent
Je vais peut être vous surprendre, mais créer des entreprises dans les nouvelles technologies en Ile-de-France, c’est possible !
Travailler dans les nouvelles technologies est histoire d’imagination, de culture, d’adaptation au changement. Autant de qualités que notre terroir nous prédispose à avoir, encore faut-il le savoir et avoir confiance dans les capacités de notre Région. Internet par exemple : nous avons à la fois d’excellentes infrastructures (bientôt la fibre) et une richesse culturelle unique. Notre région a tous les atouts pour voir éclore pléthore d’entreprises et d’emplois dans des contenus internet de qualité.
Pour y arriver nous devons décloisonner l’imagination : Oui, des chercheurs fondamentaux peuvent avoir des idées débouchant sur un projet d’entreprise ; Oui, une start-up créée dans un centre de recherches peut et doit pouvoir bénéficier d’une période transitoire d’aide et de cohabitation. Recherches fondamentales et appliquées sont deux faces indissociables de l’innovation. Privé et public ne sont pas antinomiques, lorsqu’il s’agit de recherche et développement. Les nouvelles technologies sont une chance pour décloisonner la société, elles représentent un moyen d’émancipation sans égal pour des jeunes de milieux défavorisés, à l’esprit aussi vif que la motivation débordante.
Sans doute parce que la maîtrise parfaite de la langue n’est pas un barrage dans ce secteur et que les compétences se renouvellent à chaque génération. Favoriser l’essor des entreprises dans les nouvelles technologies n’est pas seulement un objectif pour la Région, mais aussi pour tous ses habitants. C’est donner sa chance au plus grand nombre, dans un modèle de société durable.
J’adore notre pays, mais force est de constater que la culture de l’entrepreneuriat nous fait parfois défaut, lorsqu’elle n’est pas un tabou. J’espère que nous enseignerons un jour les compétences entrepreneuriales comme autrefois les humanités : par curiosité, pour se construire en homme complet et pour mieux affronter l’avenir. Dans ce cadre, la réussite ou l’échec sont secondaires, l’important réside dans la confrontation des idées innovantes, le travail au sein d’une petite équipe passionnée, l’excitation d’influer sur l’avenir d’un monde en constante mutation.
Ma nature reprend le dessus : du concret ! Nous devons développer dans le cadre de la Région Ile-de-France un apprentissage de ce savoir faire, pour que nos jeunes comprennent que c’est possible et accessible. Au-delà de la formation, nous devons les accompagner, que leurs meilleures idées accouchent d’un projet, sans crainte. Une “maïeutique entrepreneuriale”.
Cet apprentissage doit être accessible à toutes et tous, du jeune sans diplôme débordant d’énergie au chercheur en biotechnologies, en passant par les étudiants en sciences humaines. Que son projet soit de l’aide à la personne, un site internet, une épicerie solidaire, des technologies de l’environnement … l’important est de concrétiser le gisement d’idées innovantes pour l’instant inutilisées. Le chômage est parfois affaire d’incompréhension ou d’appréhension. Les lycéens doivent rencontrer les entreprises avec l’aide la Région, qu’ils découvrent les filières de demain. Le parrainage de jeunes se pratique avec succès par certains précurseurs. Il rapproche, autant qu’il forme. La Région Ile-de-France doit apporter aux entreprises innovantes une aide logistique, pour qu’elles trouvent un local proche des autres entreprises et inséré dans le tissu urbain. Les espaces de travail partagés comme “La Cantine” sont un succès… la Région doit les généraliser.
Cette action ne doit pas seulement concerner le cœur de Paris : l’Ile-de-France est riche d’espaces ruraux délaissés ou engloutis par la ville. Nous voulons favoriser l’implantation de “ruches” mutualisées de micro-entreprises et de télétravailleurs. Ces ruches permettent de créer des emplois dans le respect des territoires ruraux, tout en minimisant le coût social et environnemental des déplacements.
Un créateur d’entreprise est expert dans son domaine, pas dans la recherche de subventions. Nous proposons de mettre en place un “guichet unique” ou de fins connaisseurs du maquis administratif et des ressources locales pourront l’orienter. Le financement des projets innovants est le dernier écueil. Les projets éclosent, mais contrairement à d’autres pays, ils n’atteignent pas une taille moyenne faute de refinancement suffisant. Les banques sont frileuses et les contrats publics souvent réservés aux grandes entreprises. A l’échelle de la Région Ile-de-France, diviser encore plus les offres de marchés permettra aux PME locales de décrocher des contrats. Appuyer et offrir des garanties aux entreprises retenues dans les pôles de compétitivité renforceront leur visibilité auprès des investisseurs.
Les jeunes pousses sont peu sensibles aux arguments de dumping social et fiscal. Elles sont au contraire un réservoir d’emplois, mais elles craignent de prendre un risque. Les stages ou les CDD remplacent alors les CDI. Nous proposons que la région se porte caution par un “contrat nouvelle embauche” et permette le passage à l’acte. Nombres de PME ne peuvent embaucher un spécialiste, faute de pouvoir l’utiliser à plein temps. La Région peut organiser une bourse des spécialistes, pour qu’ils soient embauchés près de chez eux par un groupement d’employeurs. Une formule qui a fait ses preuves.
La création d’emplois durables ne se décrète pas, elle se construit et résulte d’une politique pérenne qui place l’homme au cœur des priorités. La révolution des nouvelles technologies et des énergies renouvelables est un défi pour l’Ile-de-France. Pouvoir y répondre suppose une connaissance pointue du secteur, pas seulement de la technologie, mais aussi des besoins spécifiques des petites entreprises innovantes. La Région peut et doit avoir un rôle fort, bien au-delà du saupoudrage de subventions. Nous concevons son rôle comme celui d’un facilitateur, utilisant ses moyens financiers comme un levier pour démultiplier son action et débloquer des situations. Nous proposons une politique de développement durable du territoire et qui mobilise toutes les énergies.
Alain Dolium
tête de liste Mouvement Démocrate
pour l’élection régionale en Ile-de-France







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