Burqa : résistance passive !

Le non débat actuel en dit plus sur notre pays que sur les rares femmes portant la burqa. Il nous informe sur l’état de l'éducation et du débat d'idées. Pourquoi essayer de convaincre lorsqu'il est si facile d'imposer des mesures, fussent elles inapplicables ?

Il ne s'agit aucunement d'un conflit de religions, encore moins de civilisations. Non il s'agit d'une bataille contre le néant, l'obscurantisme le plus poussé. Le voile intégral n'est pas affaire de piété, de pudeur, de position de la femme dans la hiérarchie familiale. C'est la négation la plus claire et franche de l'humain qui le porte. Certains y voient une insulte à notre identité nationale, j'y vois un appel à l'aide, une souffrance inimaginable. Lorsque vous marchez au milieu de femmes en burqa, votre cerveau n'est même plus capable de comprendre qu'il s’agit d'humains tant ce déguisement est efficace. Le temps n'y fait rien.

Dans les pays ou il est la norme, il est un outil d'oppression sociale dans l'espace public qui rencontre une forte mais discrète opposition. Les juste au corps roses fleurissent sous les burqa. En France, il est un choix familial ou personnel. La subversion, la résistance personnelle sont totalement absentes. La vie domestique n'offre alors aucun répit. C'est ce qui le rends totalement insupportable, le révélateur d'un suicide social permanent.

Or s'il est bien un but qui unit tous les hommes de bonne volonté, qu'ils soient religieux ou pas (j’insiste), quelle que soit leur civilisation rêvée, c'est bien la lutte contre le néant. Le néant ne s'interdit pas, il se combat par la lumière, qu'elle soit divine ou raisonnée. Reste à s'entendre sur un moyen efficace.

La punition des victimes, en refusant la nationalité à celles qui le portent, s'inscrit dans la logique de négation de leur humanité. Jusqu'à leur refuser le statut de victime ! Inclure ce problème bien précis dans la cadre de la lutte contre l'extrémisme religieux ne fait que renforcer la fausse perception qu'il s'agit d'un conflit entre religions ou avec une religion. Cette lutte est juste par ailleurs mais doit être menée bien à part. Vouloir s'attaquer au symptôme : le port du voile intégral lui même, c'est risquer de sous estimer la profondeur du mal. Cette interdiction va juste conduire à isoler chez elles les femmes qui le portent. Or sa vie domestique est probablement plus terrifiante que le port du voile lui même. Le port de la burqa est au moins un signal clair de détresse en public. Signal qui permettra une action salvatrice ciblée, ou tout au moins une tentative. Alors que la loi sur le voile à l'école s'adressait à des êtres en devenir dans le cadre d'un lieu ou la contrainte fait partie de l'éducation, le cas de la burqa concerne des adultes dans l'espace public. L’interdiction était salvatrice, au moins 8 heures par jour, ce n’est ici pas le cas. La burqa nous fait peur, à juste titre, méfions nous des solutions qui se contenteraient d'apaiser cette peur sans sauver ces femmes.

Souffler sur un feu l'aide à se propager. Plus qu'interdire il faut convaincre. Pour convaincre il est primordial d'etre confiant dans ses valeurs et ses arguments, or la peur est ennemie de toute confiance. Soyons donc avant tout surs de nos valeurs, acceptons de faire face au néant sans peur.

Ensuite pour être écoute il faut s'ouvrir à la communication. Je propose donc que tout homme ou femme de bonne volonté, qu'il se réclame de Mohamed ou de Descartes, simple citoyen ou représentant d'un service public adopte l'approche de résistance passive face à une femme en burqa :

  1. Souhaiter un "Bonjour Madame !" le plus chaleureux possible.

But : lutter sur le fond, réhumaniser l'inhumanisée.

  1. Proposer son aide ou la mise en relation avec un service social.

But : proposer une voie de sortie pragmatique et éducative.

  1. Si vous êtes censés interagir, par exemple dans un service public, continuez.

But : ne pas ajouter l'exclusion sociale à l'exclusion domestique.

Je ne sais pas si c'est cette voie que le Mahatma Gandhi aurait choisi. Mais elle vaut la peine d'être tentée, avec obstination, ouverture et confiance. Essayons voulez vous ?

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