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Puisque nous sommes sur un blog a l'origine culinaire et accessoirement politique, je ne pouvais laisser passer ce sujet !

Liberté religieuse et commerciale

Quick est une société privée qui a le droit de servir les sandwiches qu'elle souhaite du moment qu'ils répondent aux normes sanitaires. Or le halal consiste en des règles qui n'entrent pas en conflit avec les normes sanitaires, et sont de plus très largement répandues dans des entreprises de préparation de viande. Le choix pour Quick de passer au halal fait donc partie de la liberté religieuse et commerciale, quelles que soient ses motivations. Le consommateur et l'entreprise s'adapteront mutuellement pour le bénéfice de tous.

Il faut cependant être conscient que tout aliment halal ou kascher finance un office religieux d'audit et de validation. Le code assure (et j'imagine a été inventé en ce sens) un protectionnisme économique de la communautaire religieuse : forcer une population à respecter un code culinaire de nature religieuse impliquait que les fournisseurs soient issus de la même communauté. A l'heure des usines de transformation alimentaire et des validations religieuses expéditives et des gélatines a base de peau de porc le concept a bien sur du plomb dans l'aile.

Le choix de Quick est donc totalement laic-compatible, mais le choix du consommateur de consommer hallal chez Quick n'est lui pas neutre. Il est donc souhaitable que Quick informe raisonnablement ses clients pour qu'ils puissent exercer un choix informé, ce qui au vu de la campagne de presse en cours et du bouche à oreille semble être le cas.

Mais que fait la CDC ?

Ce qui est par contre gênant c'est que Quick, toute entreprise privée qu'elle est soit, est détenue par la Caisse des Dépôts et Consignations (semble t il intégralement). Or la CDC est un organisme public sous contrôle du parlement censé oeuvrer pour le bien de tous. Pourquoi un organisme public fait il des bénéfices sur un commerce religieux (doublement du CA après passage au halal pour les premiers Quick), et réciproquement participe au financement d'un organisme religieux ? (Plus généralement pourquoi la CDC a t elle investi dans un fast food, bien loin des intérêts du peuple et de sa santé ?) Que fait le parlement ?

Cantines publiques

Puisque nous en sommes a parler halal, et pour les mêmes raisons de financement et de protectionnisme communautaire, il est souhaitable que les établissements publics ne se fournissent pas (sauf ponctuellement) positivement en halal ou kascher quelle que soit leur clientèle. Ceci n'est pas une discrimination puisqu'une viande provenant d'un abattoir halal peut tout à fait être proposée lors d'un appel d'offre public comme non halal et consommée comme telle. Le financement de l'office religieux est alors un détail interne de compatibilité du fournisseur et fait partie de sa liberté religieuse.

Par contre, toujours concernant les établissement publics, il est bienvenu que chacun puisse respecter à sa guise ses habitudes alimentaires dans la mesure du possible : indiquer les plats contenant du porc, les plats végétariens, ... et qu'un cantine proposant plusieurs plats simultanément évite de ne proposer que des plats à base de porc le même jour dans la mesure du possible. Afficher les menus de la semaine à l'avance est dans tous les cas une bonne pratique. Informer ne nuit jamais.

Il est même possible, en gardant raison et mesure, que des traditions alimentaires d'ordre religieux soient intégrées sans en faire une règle intangible aux cantines : poisson notamment le vendredi, dates et lait lors du ramadan par exemple (apres l'heure de la rupture j'imagine). Et que des plats entrant en contradiction avec certains préceptes religieux comme les recettes à base de porc continuent a être servis partout pour préserver la diversité des traditions alimentaires et n'exclure personne (voila pour la minute Corse !). L'estomac ouvre l'esprit.

Tant que la gastronomie n'est pas directement corrélée à la religion, encore moins a son financement, mais à une culture elle peut être consommée et appréciée par tous. La diversité gastronomique est une richesse et un moyen d'ouverture à la culture de l'autre, et les cuisiniers Français plus que tous autres ont toujours su puiser dans les épices d'ou qu'elles viennent pour le bonheur de nos papilles et la stimulation de notre imaginaire.