Pour une entité que tout le monde soupçonne de vouloir favoriser des monopoles de diffusions de biens culturels … comme Wanadoo, c’est osé (ou cynique, selon votre degré de paranoia).

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dimanche, janvier 10 2010
Par paul le dimanche, janvier 10 2010, 20:56 - Affaires de la cité
Pour une entité que tout le monde soupçonne de vouloir favoriser des monopoles de diffusions de biens culturels … comme Wanadoo, c’est osé (ou cynique, selon votre degré de paranoia).
Par paul le dimanche, janvier 10 2010, 20:56 - Affaires de la cité
J Toubon : … il s'agira d'une carte de crédit, de 50, 100, 150 euros, qui sera éditée par un service de musique en ligne, qui permettra d'acheter autant de musique …Interprétation : Le modèle économique à défendre pour M Toubon est l'achat, autrefois d'une galette de vinyle ou de plastique, aujourd'hui d'un fichier. La location ou le forfait ne sont pas envisagés. Or, à l'heure ou un morceau de musique peut être multiplié à l'infini sans que cela ne coute plus cher que de créer le premier exemplaire, cela démontre un sérieux manque d'adaptation.
J Toubon : … incitation pédagogique à quitter la consommation gratuite, et en particulier la consommation par piratage, pour se tourner vers une consommation légale et payante …Interprétation : Par deux fois il est bien précisé que le gratuit est à proscrire, par essence : "gratuite, et en particulier par piratage", "légale et payante". Pour M Toubon le modèle économique qui consiste pour des artistes à donner leur musique gratuitement (en espérant vendre un autre service comme des concerts par exemple) est un modèle dont il faut positivement éloigner les jeunes. L'Open Source, les Creative Commons seraient dangereux. C'est encore une fois méconnaître les modèles tout à fait efficaces issus de la dématérialisation des biens culturels.
J Toubon : Les médias ont davantage insisté sur nos propositions pour la musique, mais en réalité, nous faisons des propositions aussi nombreuses et aussi importantes pour le cinéma et l'audiovisuel, et pour le livre. Le rapport est en ligne ici.Interprétation : Avec des cinémas qui battent des records de fréquentation en 2009, il eut été plus compliqué pour M Toubon de justifier HADOPI en parlant du cinema, peut être ?
J Toubon : Pour le cinéma et l'audiovisuel, le piratage est également très importantInterprétation : Le piratage est en effet important, et la fréquentation bat des records. Quelle autre conclusion tirer que : piratage et bénéfices ne sont pas antinomiques, tout est question de modèle économique. Les cinémas ont largement adapté leurs offres pour continuer à offrir un spectacle qui ait du sens à l'ere du numérique. Les clients suivent.
J Toubon : … appliquer aux livres numériques le prix unique du livre qui existe pour les livres en papier, ce qui empêchera les sites de vente de brader les livres.Interprétation : Le livre papier est facile à contrôler et réguler puisque physique. Il nécessite une logistique locale. Le livre électronique lui sera acheté avec son lecteur depuis un site au Japon ou en Californie. Comment demander à ces sites de pratiquer une TVA Française ? Pourquoi un lecteur Français achèterait un exemplaire au prix unique (fort) alors qu'il peut avoir le même exemplaire au prix du marché mondial ?
J Toubon : Vous avez tout à fait raison. Il faut prendre en considération la situation des jeux vidéo. Nous ne l'avons pas fait parce que …Interprétation : Les éditeurs de logiciels sont restés silencieux sur HADOPI parce qu'ils savent que faire la chasse au P2P est inutile, et que couper l'accès à internet ne favorise pas la demande en logiciel. Par ailleurs de nombreux éditeurs mettent leurs logiciels en location, en "service" dans le jargon pour s'adapter à la dématérialisation et l'évolution de la demande. Ils évoluent avec la demandent, eux.
J Toubon : … J'ajoute que nous n'avons pas non plus traité la question de la presse en ligne, qui est pourtant essentielle pour le droit à l'information de tous nos concitoyens. Mais nous avons écrit dans le rapport qu'il fallait que le gouvernement mette à l'étude cette question : comment faire payer aux lecteurs les quotidiens ou les magazines en ligne qui sont aujourd'hui mis à disposition gratuitement ? …Interprétation : Pour rappel, la loi HADOPI contient un passage sur la presse en ligne, qui pour avoir droit aux avantages fiscaux va devoir se plier à un code de "déontologie" très spécifique et nouveau, comme si la loi couvrant la presse dans notre pays n'était pas un garde fou suffisant et raisonnable. Au vu des déclarations agressives du gouvernement sur la presse en ligne, il est plus qu'évident que ce nouveau "code de déontologie" sera beaucoup plus contraignant pour la presse que le précédent.
J Toubon : Nous l'avons écartée, parce que, tout simplement, la contribution proposée par la Sacem et l'Adami présente exactement les mêmes inconvénients que ce qu'on a appelé la licence globale, c'est-à-dire qu'elle légalise les échanges illégaux : elle dit "payons et nous pourrons pirater". …Interprétation : Mêmes inconvénients … ou mêmes avantages. Légaliser un service en échange d'un paiement, le tout dans des modalités proposées par la SACEM elle même, n'est pas acceptable ! Avoir légalement un accès en échange d'un paiement c'est justement le concept même du développement d'une offre.
J Toubon : La taxe sur les supports de copie, c'est ce qu'on appelle la taxe sur la copie privée …Interprétation : C'est bien connu un iPod de 160 Go ou un disque de 500 Go ne sont utilises que pour stocker la copie privée de ses CDs, il ne s'agit que de copie privée pas de piratage. Tout comme il est bien connu que les médias piratés ne vont pas sur ces disques de 500 Go. Ceci est un exemple de mauvaise foi criante : la taxe sur les médias est bien sur une taxe de compensation pour le piratage, tout comme la taxe sur les fournisseurs proposée par la SACEM-ADAMI. Or en multipliant les compensation on s'approche de la licence globale que refuse M Toubon.
J Toubon : Ce que nous voulons taxer, c'est l'acte de vision d'une publicité quand on accède aux moteurs de recherche, qu'il s'agisse d'une bannière publicitaire, ou d'un lien sponsorisé.Interprétation : Grande méconnaissance du fonctionnement d'une plateforme comme Google. C'est à la fois un moteur, mais aussi un service de mail, d'album photo, d'échange de fichiers bureautiques et bien d'autres choses. Quelle partie est elle censée financer l'industrie du disque ? Toute la valeur de la société repose sur la stratégie globale en tant que plateforme.
J Toubon : … les conventions d'assurance. Un Anglais assure la maison qu'il possède en Dordogne à une compagnie d'assurance allemande, aujourd'hui, nous pouvons prélever un impôt sur le revenu que cette compagnie d'assurance …Interprétation : Nous passons au stade supérieur, une société étrangère diffusant de la publicité pour une autre société étrangère sera taxée sous prétexte que l'internaute qui visionne (même sans cliquer, ni même comprendre la publicité) est en France. La prochaine étape consiste sans doute à taxer les entreprises qui ont des panneaux d'affichage sur Broadway sous prétexte que beaucoup de touristes sont Français à NY ?
M Toubon : ... une des raisons de l'insuffisance des services de musique en ligne, c'est que les quatre grandes majors ont imposé des conditions qui rendent ces services non rentables économiquement, et donc, au bout du compte, non accessibles aux internautes.Interprétation : Un bon départ de le reconnaitre, mais à aucun moment M Toubon ne tente de changer ces conditions imposées, il les préserve.
M Toubon : Nous avons donc pensé qu'il fallait changer la donne et remplacer la négociation entre les forts et les faibles par ce que l'on appelle la gestion collective des droits voisins, c'est-à-dire les droits des producteurs et les droits des artistes et des interprètes.Interprétation : Tout en refusant leurs demandes et imposant des mesures qui renforcent les monopoles existants. Plus c'est gros plus ça passe.